ReUse : Donner une nouvelle utilité aux déchets

On parle de réutilisation ou ReUse dans le domaine des déchets lorsqu’il s’agit de transformer un objet pour lui donner une fonction nouvelle au lieu de le jeter.

On lui donne ainsi une deuxième vie et une deuxième utilité, ce qui augmente considérablement le temps de vie de l’objet et diminue le nombre d’objets jetés.

Le groupe Wilmet a depuis toujours ouvert les portes de ses différents centres de tri aux particuliers désireux de récupérer des objets.

Bricoleurs et artistes plasticiens se croisent régulièrement à la recherche de la perle rare.

De cette manière, nous contribuons à sortir certains objets du circuit « recyclage » vers la filière « réutilisation » moins énergivore.

Conscients de l’utilité de structurer cette activité, nous sommes en contact avec plusieurs associations pour étendre nos activités dans ce sens.

En voici quelques exemples concrets.

Le 19 février, la Namufacture ouvrira ses portes à Namur. Une boutique et une coopérative qui font la part belle aux artisans et à la deuxième vie des déchets.

Roger Milutin.

 

Sur les vitres de l’ancienne boutique Pénélope, rue des Carmes, des touches d’ordinateur démembrées lancent des messages aux passants. En guise de décoration murale à l’intérieur de la Namufacture, des faces ondulées de radiateurs assemblées et repeintes en couleur sombre.
Des animaux en métaux industriels recyclés et des lampes faites de cuivre et de laiton réchauffent les lieux. Un coffre-fort comme meuble à tout faire et un métier à tisser font les pieds de table d’un bureau de fortune.

 

Pour s’asseoir et se reposer, plus loin dans le magasin, un banc en claustra fait de multiples bandes rescapées de panneaux de bois hors d’usage. Cette déco design et récup donne le ton de ce que sera la Namufacture: une boutique de récup, un lieu de formation pour tout ce qui touche à l’économie circulaire, une plateforme d’échange de matériaux, un geste politique pour la récupération des déchets industriels et un peu, aussi, le rêve citoyen d’un grand gamin. Rien que ça.
Ferrailleur, de mère en fils

Derrière ce monde d’objets ressuscités, Geoffrey Abras. Ce ferrailleur de mère en fils a depuis longtemps le goût du fer et de la récup en bouche. Il est la cinquième génération de l’entreprise familiale Wilmet, spécialisée dans le recyclage et la récupération des métaux depuis… 1880! Donc, les conteneurs de plomb, laiton et inox, il les côtoie depuis gamin.

 

«On a toujours trouvé que le recyclage, c’est trop bien. Un beau geste, une manière de dépolluer, de nettoyer et réutiliser. Mais le quotidien actuel du recyclage n’est pas aussi rose. » Le recyclage des déchets est un modèle théoriquement valable mais tous les jours plus éprouvé dans une économie mondialisée où il sert d’alibi parfait à la surconsommation. En réalité, seule une infime partie des déchets pourtant triés est réellement recyclée en Belgique. Et ce, pour des simples considérations financières résultant d’un constat cinglant: c’est moins cher de fabriquer du neuf que de recréer à partir de l’ancien.

 

Ce sont ces observations qui amènent ce Malonnois, à l’instar du groupe familial, à réfléchir la récupération de manière durable et circulaire. Son loisir de toujours, reconvertir des objets glanés dans les conteneurs de Wilmet, a fini par le reconvertir lui-même. « La Namufacture doit devenir un mouvement citoyen pour la récupération, plus qu’une initiative individuelle. Créer la coopérative c’est pour qu’elle me survive et me dépasse, je ne suis que le porteur d’un projet collectif.»

 

L’«espace matière», le nid de la récup
Concrètement, la coopérative (qui a levé 36 000 euros endéans le seul mois de septembre 2020) se déploie selon trois axes: une boutique, un «espace matière» et un lieu dédié à la formation. La boutique sera aménagée comme une maison, avec un coin salon, cuisine ou encore bureau. Sera exposé tout ce qui a été produit par des artisans au départ de matériaux industriels usagés. «On mise beaucoup sur l’ameublement. Tout ce qui est dans la boutique peut être vendu et reproduit en plusieurs exemplaires. Si quelqu’un veut le banc en claustra, on a des corps de métiers qui peuvent venir le faire chez lui» continue l’entrepreneur.

 

L’«espace matière» sera le garde-manger des artisans. Il s’agit d’une plateforme d’achat et de vente accessible à chaque coopérateur pour l’échange des déchets de métaux, bois, meuble, textile, etc. «Des entreprises peuvent y participer pour vendre ou donner des déchets qu’elles doivent payer pour évacuer.» Car une des originalités de la Namufacture reste la nature industrielle des déchets.

 

La boutique de la rue des Carmes sera également un lieu de formation à l’économie circulaire. S’y donneront des cours de cuisine pour réutiliser ses déchets de légumes, des ateliers pour construire des lampes en bouts de cuivre, des soutiens logistiques et commerciaux à des projets d’économie circulaire, etc. « Tout ce qui rentre dans le thème » résume Geoffrey.

 

La Namufacture marque le départ d’une nouvelle aventure de récup dans une ville qui compte déjà un acteur important qu’est la Ressourcerie namuroise. À cette question de concurrence, maintes fois posée, Geoffrey a toujours la même réponse: «il y a assez de déchets sur la province de Namur pour plusieurs acteurs.»

 

 

 

 

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