Depuis 2013, on parle du projet de Boyan Slat, un jeune Néerlandais qui rêvait de nettoyer le plastique des océans. Alors que la plupart des projets envisagent de les ramasser à l’aide de bateaux, il a imaginé un système qui utilise les courants marins pour piéger les débris. Son projet inédit va enfin être testé durant un an en mer du Nord.
Le prototype conçu au sein de sa fondation « Ocean Cleanup » a été déployé ce jeudi à 23 kilomètres des côtes néerlandaises : une barrière de 100 mètres de long constituée de flotteurs noirs allongés et de filets pour capturer les débris.

Composée d’une surface émergée et d’une surface immergée d’1,50 mètre chacune, « la barrière flottante la plus résistante au monde », faite de caoutchouc, de polyester et de tissu, est conçue pour supporter des charges de 80 tonnes et capturer les petits morceaux de plastique jusqu’à un millimètre de diamètre.

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L’endroit a été choisi à cause de la puissance des courants liés à la marée. « A la moindre petite tempête, nous aurons des forces plus puissantes que durant une tempête qui durerait une centaine d’années dans l’océan. Si le prototype peut survivre ici, il survivra partout », a expliqué Boyan Slat.

’Plus de plastique que de poissons’

Mais Boyan Slat voit plus grand : une barrière de 100 kilomètres de long qu’il souhaite mettre à l’eau à l’horizon 2020, une réponse innovante « au problème mondial grandissant de débris de plastique dans nos océans », comme l’a souligné le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), en lui remettant en 2014 le prix « Champion de la Terre ».

 

Il s’agirait alors de deux bras flottants de 50 kilomètres formant un « V », arrimés aux fonds marins, et munis d’un « rideau » de trois mètres s’enfonçant dans l’eau pour bloquer les plastiques, récoltés ensuite dans un container. Jusqu’à 3.000 mètres cubes de déchets pourraient y être stockés – de quoi remplir une piscine olympique –, et en partie recyclés.

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« En déployant un seul de ces systèmes durant dix ans, nous pourrions nettoyer la moitié de la grande plaque de déchets du Pacifique », a expliqué le jeune homme durant la conférence de presse.

Un croquis sur une serviette en papier

En attendant, Boyan Slat veut rendre infaillible son premier prototype en contrôlant, réparant et améliorant le moindre défaut lors de ce « test destructeur ».

Né d’un croquis sur une serviette en papier alors qu’il était encore au lycée, ce prototype d’une valeur d’1,5 million d’euros a notamment été financé par une collecte de 2 millions d’euros sur internet.

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Le jeune homme, qui a abandonné ses études en ingénierie spatiale pour se consacrer totalement à son aventure, a voulu concrétiser cette utopie d’étendues maritimes propres « après avoir fait de la plongée sous-marine lors de vacances en Grèce ». « Sous l’eau, j’ai vu plus de plastique que de poissons », dit-il.

Un fléau pour les espèces marines et à terme, pour l’homme. Dauphins et phoques s’y empêtrent, s’étranglent et se noient tandis que les tortues ingèrent les sacs plastiques, les prenant pour des méduses.

Décomposées en petites particules, ces matières, soupçonnées notamment d’effets négatifs sur la fertilité, entrent ensuite dans la chaîne alimentaire.