Je vous pose une portière de réemploi ?

Je vous pose une portière de réemploi ?

L'entreprise de recyclage Surplus Autos, à Gaillac, récupère en moyenne quinze pièces de rechange  sur chaque voiture qui lui est confiée pour démolition.
L’entreprise de recyclage Surplus Autos, à Gaillac, récupère en moyenne quinze pièces de rechange sur chaque voiture qui lui est confiée pour démolition.Copyright : Vincent NGUYEN / MAIF

Chaque année, la MAIF confie 30 000 véhicules non réparables à son réseau de recycleurs agréés. Avant leur broyage, les voitures sont dépolluées et démontées pour récupérer tout ce qui peut encore servir : portière, aile, clignotant… Préparées et repeintes par nos réparateurs partenaires, ces pièces de réemploi sont comme neuves. Prêtes à être montées sur votre voiture accidentée ! La MAIF encourage vivement cette nouvelle filière de réparation, vertueuse à tout point de vue.

« Avant, c’est la casse qui investissait le moins qui gagnait le plus. Aujourd’hui, c’est le contraire. » Ainsi s’exprime Fabrice Cedolin, chargé du recyclage auto à la MAIF, devant les 20 hectares de l’entreprise Surplus Autos, à Gaillac (81). On est loin, très loin de la ferraille de série noire. Les baraques déglinguées ont laissé place à des hangars modernes. Les allées terreuses et souillées de flaques d’huile ont disparu, tout comme les épaves enchevêtrées. Ici, les voitures sont sagement rangées sur un parking étanche, à perte de vue. Les chineurs ne sont quasiment plus admis. Même le nom a disparu : on ne dit plus casse auto, mais centre de recyclage automobile. L’établissement fait partie du réseau de recycleurs agréés de la MAIF, qui compte 40 entreprises réparties sur le territoire national.

« Nous prélevons en moyenne quinze pièces par véhicule. »

Surplus Autos incarne une profession en mutation, de plus en plus tournée vers la protection de l’environnement et l’économie circulaire. Les gigantesques hangars dissimulent une fourmilière où chacun s’affaire pour que chaque composant soit orienté vers la filière de recyclage appropriée. Depuis quelques années, un effort important a été fourni pour remettre sur le marché les éléments de carrosserie en bon état. « Nous prélevons en moyenne quinze pièces par véhicule », explique Laurent Hérail, P-DG fondateur de Surplus Autos. « Chacune d’elles passe au laboratoire qualité, où elles sont photographiées et mises sous catalogue, avant d’être stockées dans nos rayons. De là, il suffit de la commander sur notre site internet. »
À Castres, 50 km plus au Nord, se tient la carrosserie Mariojouls. Sébastien, le patron, accueille une sociétaire malchanceuse. Dans une manœuvre imprudente, un camionneur a enfoncé tout le côté gauche de sa voiture. Cette dernière est d’un modèle plutôt récent, sans être flambant neuve. Lionel Sanchez, expert pour la MAIF, est également présent. Au vu des dégâts, leur diagnostic concorde : une réparation en pièces de réemploi est envisageable. En quelques clics, le carrossier s’assure que les pièces sont disponibles, livrables en 24 heures. Reste à obtenir l’accord de notre sociétaire !

 

La MAIF affirme sa singularité dans le paysage de l’assurance française

« De tous les assurés, les sociétaires de la MAIF sont les plus faciles à convaincre. J’ai même eu le cas d’une dame qui a exigé une pièce de réemploi pour une voiture quasi neuve ! », témoigne le carrossier. Son argumentaire tient en trois points : réutiliser une pièce évite d’en fabriquer une neuve, soutient l’emploi local dans les entreprises du recyclage, et contribue à la maîtrise des coûts de réparation. « Installer systématiquement une pièce neuve, c’est une solution de facilité. À la MAIF, nous privilégions toujours la réparation quand elle est économiquement justifiée », argumente Fabrice Cedolin. « En agissant ainsi, même si nous faisons figure d’Ovni dans le paysage français de l’assurance, nous préservons le savoir-faire des carrossiers. Le remplacement par une pièce de réemploi, si le sociétaire l’accepte, arrive en deuxième choix. Et enfin le neuf, quand on ne peut pas faire autrement. » Aujourd’hui, 6 % des réparations MAIF sont effectuées avec ces pièces issues de l’économie circulaire : la MAIF vise un objectif de 10 % en 2022. Une cible très réaliste, puisque certains départements sont déjà à 14 %.

Chacun doit y trouver son compte

Pour faire décoller la pièce de réemploi, la chaîne d’approvisionnement doit être irréprochable. « Nous n’avons pas la place de stocker un véhicule plus longtemps que de raison. La pièce d’occasion doit être disponible rapidement et conforme aux attentes », argumente Sébastien Mariojouls, qui répare une soixantaine de voitures chaque semaine. C’est pourquoi Fabrice Cedolin, au nom de la MAIF, accompagne les filières locales d’approvisionnement. « Je travaille pour mettre en relation nos recycleurs et carrossiers. Nous nous rencontrons, chacun expose ses contraintes et sa façon de travailler. Le but est de construire des circuits courts, où chacun se connaît et y trouve son compte. La pièce de réemploi doit être à l’image d’une pièce neuve : fiable, rentable et livrée rapidement. »

Les motos aussi

La réparation en pièces issues de l’économie circulaire est évidemment mieux acceptée pour un véhicule âgé. C’est parfois même la seule solution envisageable puisque, en assurance, le prix de la réparation ne peut excéder la valeur du véhicule. « Grâce aux pièces de réemploi, on sauve des centaines de voitures chaque année. Leurs propriétaires en sont reconnaissants », témoigne Lionel Sanchez. Pour un véhicule récent, l’acceptation est plus rare et les pièces sont plus difficiles à dénicher. Sauf peut-être en moto, où les accidents sont malheureusement plus fréquents. Pour ces véhicules, la MAIF s’appuie sur un réseau de recycleurs spécialisés en deux-roues qui ont développé des solutions de distribution 100 % web.

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