Long Time, un label pour lutter contre l’obsolescence des objets

Long Time, un label pour lutter contre l’obsolescence des objets

Elsa Lomont et Florent Preguesuelo ont créé un label en forme de sablier qui indiquera que le produit est réparable à faible coût. LP/Rémy Gabalda
Il sera attribué aux entreprises qui fabriquent des produits qui durent. A l’origine du projet, deux jeunes Toulousains sensibles à l’écologie.

Qui n’a jamais pesté de devoir débourser 300 € pour la pompe à vidange d’un lave-linge, ou de devoir racheter un appareil car cela coûtait moins cher que de le réparer ? A Toulouse (Haute-Garonne), l’idée de Florent Preguesuelo, cofondateur du label Long Time, lui est venue de son expérience de consommateur.

« Je suis sensible à l’écologie, bricoleur et j’ai une formation en génie mécanique. Un jour, une visseuse m’a lâché. Quand je suis retourné en magasin, je me suis dit qu’il serait bien qu’il existe un label pour nous guider dans nos achats, comme dans l’alimentaire », explique-t-il. Elsa Lomont, issue de l’entreprenariat, partageait le même intérêt pour l’économie sociale et solidaire. Les deux trentenaires ont donc créé l’association Ethikis en mars 2017, qui se transformera en coopérative dès le 1er juillet.

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Un label reconnaissable par son logo./Long TimeLe label Long Time, quant à lui, verra le jour au dernier trimestre 2018. Reconnaissable à son logo en forme de sablier, il indiquera que le produit peut être réparé à faible coût. Sont concernés tous les objets qu’on peut trouver dans une déchetterie. « L’expression obsolescence programmée donne une vision fataliste des choses. Il faut valoriser les fabricants qui jouent le jeu, pour aider le consommateur à s’y retrouver et à faire des économies sur le long terme », explique Elsa Lomont.

Quarante critères

Après avoir consulté des fabricants, des réparateurs, des associations, Elsa et Florent ont élaboré un cahier des charges de quarante critères, répartis en trois thématiques : la conception robuste, la « réparabilité » et les garanties de service après-vente. Parmi ces critères, certains sont incontournables : la possibilité de céder la garantie d’un produit à un tiers, la non-obligation de le rapporter dans son emballage d’origine ou encore le fait de pouvoir démonter le corps du produit pour le réparer.

Afin de rester indépendants, les fondateurs d’Ethikis ont fait appel à un organisme de certification agréé pour réaliser les audits. Quelques entreprises pilotes ont été identifiées pour obtenir le label. « Les défenseurs du bio passaient pour des hurluberlus il y a quelques années encore. Aujourd’hui, la plupart des modes de production vont vers cela. Nous espérons que Long Time aura le même avenir, que le consommateur en fera la demande et que cela aura un effet de levier chez les fabricants », plaident les trentenaires.

L’entreprise fait partie des lauréats récompensés fin mai, lors de Mon projet pour la planète, un appel à initiatives citoyennes lancé par le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot. Elle compte se développer à moyen terme sur le marché européen.

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