Les Vélib’ première génération préparent leur deuxième vie à 50 km de Paris

Les Vélib’ première génération préparent leur deuxième vie à 50 km de Paris

Chaumont en vexin (60) le 6 juin 2018. A l’Unapei 60 ESAT Les 3 sources, les Vélib’ sont démantelés par des travailleurs handicapés LP/Philippe Lavieille

Après avoir quitté les rues de Paris en fin d’année dernière, les Velib’de l’entreprise JC Decaux endommagés sont démantelés à Chaumont-en-Vexin dans l’Oise. Les pièces détachées sauvées servent ensuite à réparer d’autres vélos en France.

Ils ont transporté des dizaines de milliers de Parisiens. Pour aller au travail, pour rentrer d’une soirée après le dernier métro, ou simplement le temps d’une balade… Alors que les débuts du nouveau Vélib’ se révèlent plus que laborieux, ceux de la première génération, les Velib’de l’entreprise JC Decaux ont quitté Paris en janvier dernier, sans encombre, après dix ans de bons et loyaux services, remplacés par la nouvelle génération de vélos en libre-service.

C’est à Chaumont-en-Vexin (Oise), à un peu plus de 50 km de la capitale que ces milliers de vélos viennent finir leur vie et en trouver une nouvelle sous forme de pièces détachées. A l’Esat des trois sources exactement, un établissement qui a pour vocation l’insertion sociale et professionnelle des adultes handicapés.

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Chaumont-en-Vexin (60) le 6 juin 2018 /LP/ Philippe Lavieille

Depuis 2008, une dizaine de travailleurs handicapés oeuvraient à la maintenance des Vélib’. « Quand nous avions le marché parisien, l’Esat réparait les vélos cassés, explique Anthonin Darbon, directeur de l’exploitation chez Cyclocity, filiale de JCDecaux chargée du dispositif Vélib’. Ils ont remis en état 1 200 vélos par an. » Depuis le début de l’année, la mission a changé. Les mécaniciens en formation sont chargés de désosser les vélos gris qui sillonnaient les rues de Paris. « Nous en avions 19 000 sur l’agglomération, précise Anthonin Darbon. 10 000, en bon état, sont retournés dans nos ateliers. Les autres sont démantelés ici. »

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Chaumont-en-Vexin (60),le 6 juin 2018 /LP/ Philippe Lavieille.

Toutes les pièces en bon état sont nettoyées et contrôlées

Ce jour-là, dans le grand atelier de Chaumont-en-Vexin, Frédéric et Yves, deux salariés handicapés, s’affairent sur un Vélib’. Ils jettent d’abord un œil au vélo, pour savoir quelles pièces pourront être conservées. C’est le cas de cette roue avant, en bon état. Le guidon aussi, déjà assemblé, bénificiera d’une nouvelle vie. Des petits composants, comme les phares ou le panier, sont aussi gardés. « Ensuite, toutes les pièces sont nettoyées, vérifiées, explique Emmanuel Carette, le moniteur d’atelier de l’Esat. Un vrai contrôle qualité est réalisé afin que JC Decaux puisse immédiatement réutiliser les pièces ».

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Chaumont-en-Vexin (60),le 6 juin 2018. Les pédales démontées et nettoyées serviront à réparer d’autres vélos de JC Decaux en France /LP/ Philippe Lavieille.

« Si Vélib est connu, c’est un peu grâce à nous »

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Chaumont-en-Vexin (60),le 6 juin 2018. Les salariés du centre sont fiers de leur travail./LP/ Philippe Lavieille

En effet, si le cadre en métal et les matières plastiques, teintés des couleurs de la ville de Paris, partent directement au recyclage, les autres pièces sont appelées à rouler de nouveau. « A Marseille, Lyon, Nancy… partout en France, nos vélos sont construits sur le même modèle, détaille Anthonin Darbon. Les pièces sont donc réutilisées par nos mécaniciens. Et grâce à la qualité du travail de cet Esat, son sérieux, nous n’avons pas besoin de contrôle supplémentaire. Après 10 ans en commun, on a une totale confiance ». D’ailleurs, JC Decaux a confié à un autre Esat de l’Oise le démantèlement des bornes où étaient attachés les Velib’.

Une fierté pour Yves et Frédéric, conscients d’avoir participé, à leur échelle, au succès de ces Vélib’, qui ont parcouru, en dix ans, 700 millions de km ! « Dès qu’il y avait un reportage à la télé sur les Velib’, tout l’atelier en parlait le lendemain », souligne d’ailleurs Pascal Bardy, le directeur de l’Esat. « On a aussi appris des choses, explique Frédéric. Monter et démonter un vélo, avant ce travail, j’en étais incapable. Et puis si Vélib’, est connu partout dans le monde, c’est un peu grâce à nous. »

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