Le Fairtrade de plus en plus écologique

Le Fairtrade de plus en plus écologique

Ph Facebook

Dans le cadre de la semaine du commerce équitable, nous avons rencontré Isabelle Steenebruggen qui travaille avec le Sri-Lanka depuis 12 ans et qui vient de lancer une nouvelle gamme d’objets upcyclés. Si l’aspect durable a toujours fait partie des critères du label, il est clairement de plus en plus présent.

21 avril 2019. Isabelle, qui a créé La Pachamama, une marque de jouets et accessoires en bois et en tissu conçus par des artisan(e)s sri lankais(e)s, reçoit un message Whatsapp de l’un de ses fournisseurs : « Terrorist attacks in Sri Lanka. Lots of dead ». Beaucoup de touristes font partie de victimes. Les gens n’osent plus y voyager. Mars 2020 : l’épidémie de Covid-19 chasse à nouveau les touristes du pays. Ce dernier, terriblement dépendant du tourisme, a beaucoup de mal à se redresser économiquement de ces deux coups durs. « Nous travaillons depuis longtemps avec nos artisans sri lankais. Ils nous demandent à ce moment-là de renforcer notre soutien. Nous avons réfléchi ensemble : que proposer de plus que des jouets ? Quels produits pourraient avoir du sens ? La réponse est très vite apparue : le recyclage et la réduction des déchets », explique l’entrepreneure. Lassanaï, leur deuxième marque, est née !

 

Fairtrade et zéro déchet

« Lassanaï », qui veut dire « beau » en cinghalais, veut promouvoir entre autres le zéro déchet et le upcycling. En créant des objets du quotidien avec des éléments récupérés -comme le plastique abandonné sur les plages ou les vieux journaux- ils nous permettent, ici en Belgique, de produire nous aussi moins de déchets, puisqu’ils créent avec leurs déchets (vous suivez ?) des rouleaux d’essuie-tout lavables, des sacs à vrac en sari recyclé (ils font parfois dix mètres de longs ces habits traditionnels !), des pochettes à sandwiches doublés en PET ramassé sur les plages et recyclé, des emballages cadeaux en tissu, etc. Un cercle vertueux en somme où tout le monde est gagnant et surtout l’environnement ! Oui mais… Est-ce bien écologique de ramener tout cela de si loin, nous direz-vous ? Oui, pour plusieurs raisons, répond Fairtrade Belgium : « Seulement 10 % de l’empreinte écologique provient du transport. Si tout est fait à la main (ce qui est le cas de Lassanaï où même le tissu est tissé à la main donc sans électricité, ndlr), l’empreinte écologique sera très faible. C’est plutôt le type de production qui est impactant. Donc, d’où que cela provienne, il faut soutenir le commerce de biens qui rémunère correctement les travailleurs, qui est peu énergivore et qui respecte l’environnement », insiste Douchka van Olphen, porte-parole de l’organisation.

 

Développer la conscience écologique

Isabelle Steenebruggen voit également dans le commerce équitable la possibilité de conscientiser les personnes sur place : « Au Sri Lanka, la population n’a aucune conscience écologique. Par exemple, les familles vont à la plage en laissant des montagnes de déchets sur place. Nos partenaires ont vraiment voulu créer un mouvement aussi pour toucher la population locale. » Chacun y trouve donc son compte, d’autant que lorsqu’une collaboration se crée avec le label Fairtrade, les artisan(e)s sont mieux rémunéré(e)s et mieux soutenu(e)s et ils peuvent commencer à réfléchir à des investissements qui vont dans le sens d’une plus grande efficience écologique. Fairtrade Belgium parle même d’un tremplin pour passer en bio. Pas moins de 70 % des produits alimentaires labellisés Fairtrade présentent effectivement également un label bio, précise Douchka van Olphen.

 

Dans l’adn depuis toujours

Vous ne le savez peut-être pas mais le cahier des charges à respecter pour obtenir le label Fairtrade va bien plus loin que la juste rémunération des travailleuses et des travailleurs. Il inclut en effet, par exemple, la préservation des ressources naturelles locales ou encore l’interdiction d’utiliser des produits chimiques dangereux. En outre, une juste rémunération permet d’éviter en partie la déforestation, explique la porte-parole, car c’est surtout la grande précarité des gens qui les pousse à trouver des terres de manière anarchique : « Quand vous n’avez pas de quoi nourrir vos enfants, c’est difficile d’avoir une conscience écologique ».
La bonne nouvelle c’est que la population belge aime le Fairtrade ! Selon les derniers chiffres de Fairtrade Belgium, leur chiffre d’affaires estimé en 2019 a augmenté de 30 % par rapport à 2018.
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