Succès des «free troc party» où l’on consomme sans dépenser ni polluer

Succès des «free troc party» où l’on consomme sans dépenser ni polluer

 

FIGARO DEMAIN – La tendance des échanges de vêtements, accessoires, livres, objets sans argent entre inconnus est en plein essor. Par soucis économiques ou choix de vie, de plus en plus de Français participent à ces foires.

A l’heure où les soldes font grise mine, la frénésie des «free troc party» gagne la France! De Paris à Épinal, de plus en plus de Français se ruent sur les événements d’échanges sans argent de vêtements, accessoires, livres ou d’objets. Par soucis économiques ou choix idéologique, les clients choisissent ainsi de renouveler leurs garde-robes, leur bibliothèque ou leur habitat, autrement.

Ce jeudi, une foire de dons de vêtements est organisée dans la capitale, dans le 4e arrondissement à la maison du Paris Durable. Les inscriptions débutent ce lundi à partir de 12h sur le site paris-friendly.fr. «Hommes, femmes, enfants… Tout le monde peut venir tout échanger ou presque», annonce Myriam Attias, organisatrice des soirées «Free Troc Party» dans la capitale. «Seuls les sous-vêtements ne sont pas acceptés», précise la cofondatrice du site paris-friendly.fr. La condition est de faire partie des 200 premiers inscrits. Ce sont en majorité de jeunes femmes de 25 ans à 35 ans qui participent à ces foires mais elles ont des profils socio-économiques très variés, souligne l’organisatrice.

Une fois sur place, les gens déposent les objets qu’ils veulent donner et chinent ceux des autres. Il n’y a pas de négociation et tout est libre et gratuit. «Nous rencontrons tous types de situations, de ceux qui apportent peu de choses et repartent avec beaucoup, à ceux qui viennent simplement se débarrasser utilement d’objets ou de vêtements dont ils ne veulent plus», indique Myriam Attias. Lors de ces foires organisées tous les trois mois dans la capitale, ce sont plus de 2500 objets qui sont échangés. Pour les biens restants, «très peu de choses: de 5 à 6 sacs» assure Myriam Attias, ils sont donnés à des associations.

La liste des inscrits complétée en moins de deux minutes

«Nous organisons ces évènements depuis 11 ans et nous constatons un réel engouement depuis quelques temps. Nous limitons les foires à 200 participants, aux premiers inscrits sur une liste en ligne ouverte quelques jours avant l’évènement. Récemment, la liste a été complétée en moins de deux minutes!», se réjouit la spécialiste des bonnes adresses sur la capitale. Elle explique ce succès à la fois par des raisons économiques mais aussi idéologiques. «Certains sont séduits par un système convivial où tout est gratuit et d’autres sont plus sensibles au thème du développement durable», précise Myriam Attias.

La mode est la deuxième industrie la plus polluante au monde derrière le pétrole, en terme de gaz à effet de serre, d’après Ecowatch, un site dédié à l’information sur le développement durable. Le drame du Rana Plaza en 2013, cet immeuble basé à Dacca au Bangladesh qui abritait des ateliers de confections de marques aussi diverses que Benetton, Primark, Walmart ou Mango, a également révélé les dérives de la «fast fashion» et incité les consommateurs à se tourner vers des alternatives. Le marché de la seconde main est d’autant plus justifié que la plupart de nos vêtements (70%) ne sont jamais portés et dépérissent dans les placards avec chaque année 6kg d’habits jetés par Français, selon Novethic, site spécialisé sur l’économie et la finance responsable.

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Mais les habitudes changent. En 2018, 44% des Français affirment avoir acheté moins de vêtements que lors des années précédentes, selon l’Institut français de la mode (IFM) dont 40% pour des questions éthiques. Face à un enthousiasme grandissant pour ses «free troc party», Myriam Attias envisage de renouveler ces opérations plus souvent. On lui a par ailleurs proposé la mise à disposition d’une salle qui pourrait accueillir 1000 personnes… Un mouvement est enclenché!

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