Loop, le site qui veut vous faire dire adieu aux emballages jetables

Loop, le site qui veut vous faire dire adieu aux emballages jetables

Céréales dans une boîte métallique ou jus d’orange dans des bouteilles de verre… des géants de la grande consommation se lancent dans l’emballage zéro déchet. DR
Vingt-cinq multinationales se sont alliées pour créer un site sur lequel ne sont vendus que des produits dont le contenant et réutilisable et que l’on vient chercher chez vous une fois vide.

 

C’était un peu inespéré. Alors que nos poubelles débordent de carton, de flacons ou de barquettes en plastique, 25 multinationales s’engagent à lutter contre ces emballages jetables. Leur arme ? Loop, « boucle » en anglais.

Concrètement, les consommateurs commanderont en ligne leurs shampooings, dentifrices, yaourts ou autres… Ils seront livrés dans une boîte qui servira ensuite de bac de tri. Une fois ce contenant plein, un transporteur viendra récupérer les emballages non pas pour les recycler mais pour les laver, stériliser, remplir et réexpédier chez les consommateurs.

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« Loop a été conçu pour éliminer le déchet à sa source », résume Tom Szaky, fondateur et PDG de TerraCycle. C’est le transporteur UPS qui a inventé la boîte bleu et noir : « Nous avons développé un contenant qui reste beau et facile d’utilisation pour les consommateurs, sans bord tranchant. Un long travail de développement qui a abouti à plusieurs brevets », précise Edouard Barreiro, responsable environnement pour l’Europe de l’Ouest.

Il a fallu inventer de nouveaux packagings

Pots de glace Häagen-Dazs en métal, shampooings Pantene en aluminium, céréales au chocolat Quaker dans une boîte métallique ou jus d’orange Tropicana dans des bouteilles de verre… Les industriels ont, eux, réinventé des conditionnements, voire les procédés de fabrication.

Carrefour par exemple proposera du miel, des huiles ou des épices. « Nous commençons par les produits déjà commercialisés dans des bocaux en verre, mais il a quand même fallu travailler avec nos fournisseurs pour inventer de nouveaux systèmes, car aujourd’hui rien n’est prévu pour recharger les contenants », explique Bertrand Swiderski qui a piloté le projet pour le géant de la grande distribution.

Un surcoût pour le dépôt

Prenez une boîte de biscuits, « un cas d’école », glisse Bertrand Swiderski. Aujourd’hui, les petits gâteaux placés dans un sachet plastique individualisé sont ensuite mis dans des boîtes en carton. Version Loop, les biscuits Milka seront par exemple livrés dans un joli contenant en acier. Quant aux sachets individuels, bien pratiques quand il faut les glisser dans les cartables des petits, eh bien, l’industriel a développé une « boîte à goûter », également métallique, qui permet de ranger un ou deux biscuits pour le quatre-heures.

Les marques ont mis le paquet sur le design. « Nous aurons perdu si nos acheteurs ne sont pas fiers de leurs achats. S’ils rangent les boîtes de gâteaux dans leur placard à cuisine et cachent leur shampooing dans leurs meubles de salle de bains », explique-t-on chez TerraCycle. Quid du prix ? Promis juré, ce ne sera pas plus cher. Il faudra en revanche compter un surcoût pour le dépôt, qui pourra être récupéré au moment du retour de l’emballage, selon le principe de la consigne.

Quid de l’empreinte carbone

Bannir les emballages jetables, voilà de quoi réjouir les associations. « Oui mais la question du transport est clé », pointe Flore Berlingen, de Zero Waste, qui milite pour la réduction des déchets.

Loop imagine en effet que des camions viennent récupérer le boîtier chez chaque consommateur contrairement à la consigne classique où l’un des principaux enjeux est de créer des points de collecte chez des commerçants. « Ce qui permet de massifier suffisamment la récupération pour ne pas créer du trafic et de la pollution automobile », commente Flore Berlingen.

Dans ses études d’impact, la société TerraCycle, à l’origine de Loop, répond à cette inquiétude. Elle estime qu’« à partir de cinq réemplois, l’emballage a un impact carbone inférieur à ceux des objets à usage unique livrés par l’e-commerce classique. » Après 25 utilisations, l’impact est réduit de moitié.

Pour Zero Waste, il faudra surveiller de près la mise en place de Loop de manière à éviter tout « greenwashing », c’est-à-dire que la plateforme ne serve surtout qu’à verdir l’image de ces entreprises, particulièrement de spécialistes du plastique jetable comme Bic. Mais Flore Berlingen veut voir le verre à moitié plein : « Les multinationales sont désormais contraintes de prendre en compte ces questions sous la pression des citoyens à travers le monde. »

Article de |Emilie Torgemen| pour Le Parisien publié le 26 janvier 2019, 7h52|

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